Le hapkido est un art martial coréen. Il s’agit d’une forme de self-défense qui utilise des clés, des points de pression, des projections, des coups de pied et des coups de poing. Les pratiquants de hapkido s’entraînent à repousser les techniques d’autres arts martiaux. Il existe également des armes traditionnelles telles que le bâton court, la corde, les nunchakus et l’épée. Le hapkido se concentre sur les combats à courte et à longue distance. Grâce à un bon jeu de jambes et à une utilisation efficace du corps, les pratiquants cherchent à prendre le dessus sur des adversaires plus forts.
Histoire du hapkido
La naissance du hapkido moderne remonte à un groupe de nationalistes coréens de la période postcoloniale japonaise de la Corée, dirigé par Choi Yong Sul. Ses élèves les plus éminents furent Suh Bok Sub, Ji Han Jae, Kim Moo Hong et Myung Jae Nam. Choi Yong Sul fut envoyé au Japon lorsqu’il était enfant et revint en Corée avec des techniques qui ressemblent à un précurseur de l’aïkido. Une histoire controversée raconte que Choi fut adopté à l’âge de 11 ans par Takeda Sokaku. Il aurait vécu et suivi son enseignement pendant plus de 30 ans avec le maître dans un dojo situé sur le mont Shin Shu. Cette version est contestée par ceux qui affirment que Choi n’était qu’un simple employé chez Takeda. La vérité se situe probablement quelque part entre les deux, comme toujours.
Le premier élève de Choi fut Suh Bok Sub, qui fut également le premier à ouvrir un dojang. En 1948, alors qu’il n’avait pas encore 30 ans, Suh Bok Sub avait déjà obtenu sa ceinture noire de judo et était diplômé de l’université de Corée. Après avoir vu Choi se défendre avec succès contre un groupe d’hommes, il lui demanda s’il accepterait de lui enseigner cet art martial. En 1951, Suh ouvrit le premier véritable dojang, qu’il baptisa Korean Yu Kwan Sool Hapki Dojang. Le premier symbole conçu par Suh pour désigner cet art martial était une pointe de flèche tournée vers l’intérieur. Durant cette période, Choi travaillait comme garde du corps du père de Suh, qui était député. Suh affirme que lui et Choi décidèrent en 1959 d’abréger le nom en hapkido.
Principes du hapkido
Sur l’échelle des arts martiaux, allant du dur au souple, le hapkido se situe quelque part au milieu. Il utilise les techniques souples du jiu-jitsu et les techniques dures du taekwondo. Le hapkido est un art martial éclectique, et les différentes écoles de hapkido appliquent des techniques variées. Certaines techniques fondamentales sont utilisées dans toutes les écoles, et toutes les techniques doivent respecter les trois principes du hapkido :
- Absence de résistance (Hwa)
- Principe du cercle (Won)
- Principe de l’eau et de l’harmonie (Yu)
Hwa, ou l’absence de résistance, est l’art de rester détendu. Si un adversaire pousse un pratiquant de hapkido à la poitrine, celui-ci n’opposera pas de résistance, mais reculera et utilisera l’élan vers l’avant de son adversaire pour le faire tomber.
Won, le principe du cercle, consiste à gagner de l’élan, puis à exécuter les techniques de manière naturelle. Si un adversaire attaque en ligne droite, le pratiquant de hapkido intercepte l’attaque, puis utilise la force de son adversaire contre lui en effectuant un mouvement circulaire.
Yu, le principe de l’eau, peut être expliqué par la force de l’eau. Le hapkido est un art souple qui ne dépend pas entièrement de la force. Comme l’eau, il est doux au toucher. Comme l’eau, le hapkido est adaptable.
Techniques
Le hapkido est un style de combat complet qui cherche à couvrir le champ le plus large possible. Il n’est donc volontairement pas axé sur des techniques spécifiques. De nombreuses tactiques sont enseignées en matière de frappes, de projections et de clés. Certains styles se concentrent également sur le combat au sol, principalement sur les techniques permettant de se dégager des saisies.
Coups de pied
La grande variété de coups de pied du hapkido confère à cet art son caractère véritablement coréen. Les coups de pied du taekwondo ressemblent beaucoup à ceux que l’on retrouve en hapkido, bien que l’accent soit mis sur les mouvements circulaires. Contrairement à la plupart des styles modernes de taekwondo, les coups sont souvent portés sous la ceinture et accompagnés de balayages. Le coup de pied le plus courant est le coup de talon bas. Un coup de pied est principalement porté afin de transmettre un maximum de puissance au mouvement, plutôt que de retirer rapidement la jambe. Traditionnellement, les coups de pied étaient uniquement dirigés vers le bas du corps, mais avec l’essor d’autres arts martiaux, les coups portés à la tête se sont également développés. La plupart des styles de hapkido comprennent une série de doubles coups de pied utilisés pour conserver l’équilibre. Voici un exemple de série de doubles coups de pied :
- coup de pied frontal -> coup de pied latéral
- coup de pied frontal -> coup de pied arrière
- coup de pied frontal -> coup de pied circulaire
- coup de talon frontal -> coup de pied circulaire
- coup de pied latéral bas -> coup de pied latéral haut Techniques de poing
Comme dans de nombreux autres arts martiaux, le hapkido utilise de nombreux coups de poing et frappes de la main, ainsi que des coups de coude. Une technique caractéristique du hapkido est le tranchant de la main, qui permet de transmettre beaucoup d’énergie. Cette frappe est souvent utilisée pour affaiblir l’adversaire avant d’appliquer une clé. Les ongles peuvent également être utilisés pour frapper, notamment en visant les yeux et la gorge. Les saisies des testicules font aussi partie de l’entraînement traditionnel.
Clés articulaires
De nombreuses techniques de contrôle du hapkido sont dérivées de l’aiki-jūjutsu. Elles sont enseignées de la même manière qu’en aïkido, mais les techniques sont plus fluides. En hapkido, des clés sont appliquées aussi bien aux grosses articulations — coude, épaule, cou, dos, genou et hanche — qu’aux petites — poignet, doigts, orteils et mâchoire. La plupart des techniques reposent sur le principe d’exercer une force sur l’articulation afin de l’amener dans le sens opposé à sa direction naturelle. Le hapkido est particulièrement connu pour l’utilisation des clés de poignet. Ces techniques sont dérivées de l’aiki-jūjutsu Daitō-ryū, même si leur exécution peut varier. Les clés de coude sont également fréquemment utilisées.
Techniques de projection
En plus des projections exécutées après avoir déséquilibré l’adversaire au moyen d’une clé, certaines projections sont réalisées sans utiliser de clé. Plusieurs de ces techniques se retrouvent en judo. Nombre des premiers pratiquants de hapkido avaient une expérience du judo.
Armes
Lorsqu’un pratiquant de hapkido atteint les différents grades, il apprend également à manier diverses armes. La première arme avec laquelle il s’entraîne est le couteau. Une autre arme est le bâton court. Les techniques et les défenses contre le bâton long et la corde sont ensuite abordées. De nombreuses organisations de hapkido enseignent également le maniement de l’épée, du nunchaku et d’autres armes.