Bokator
Stats
- Origine
- Cambodge
Le bokator (également appelé Bradal Serey ou Kun Bokator) est l’art martial autochtone ancestral du Cambodge, l’un des plus anciens systèmes de combat codifiés d’Asie du Sud-Est, dont les origines remontent à plus de 1 700 ans, à l’époque de l’Empire khmer. Représenté dans les bas-reliefs des murs d’Angkor Wat, le bokator était le système de combat des guerriers khmers, qui utilisaient tout le corps comme une arme : poings, coudes, genoux, pieds, tibias et même la tête. Presque anéanti pendant le génocide perpétré par les Khmers rouges de 1975 à 1979, le bokator a survécu grâce aux efforts d’une poignée de maîtres ayant fui à l’étranger et a été patiemment restauré au Cambodge depuis les années 1990. Il est reconnu par l’UNESCO comme faisant partie du patrimoine culturel immatériel du Cambodge.
Historique
Anciens guerriers khmers – Les origines à Angkor Wat
Les origines du Bokator remontent à la culture guerrière de l’Empire khmer, qui a dominé l’Asie du Sud-Est du IXe au XVe siècle. Cet art est représenté dans les bas-reliefs sculptés sur les murs d’Angkor Wat — construit au XIIe siècle sous le règne du roi Suryavarman II — où l’on voit des guerriers dans des postures de combat reconnaissables comme des techniques de Bokator. Ces sculptures de pierre comptent parmi les plus anciens témoignages visuels d’un art martial codifié au monde.
Le nom Bokator se traduit approximativement par « frapper un lion » — en référence à une légende fondatrice selon laquelle un guerrier khmer aurait vaincu un lion en utilisant les techniques de cet art. Historiquement, le Bokator était réservé aux soldats khmers et aux gardes royaux, transmis au sein de lignées militaires et conservé comme système de combat d’État. Contrairement aux arts exclusivement sportifs, le Bokator intégrait l’entraînement aux armes, des systèmes de combat inspirés des animaux et des tactiques de champ de bataille.
Au bord de l’extinction sous les Khmers rouges
Le régime des Khmers rouges (1975-1979) a failli détruire définitivement le Bokator. Le génocide visait les intellectuels, les artistes, les moines et toute personne associée à la culture cambodgienne traditionnelle — y compris les maîtres d’arts martiaux. On estime que 90 % des maîtres de Bokator ont été tués pendant cette période. L’art n’a survécu que parce qu’un petit nombre de maîtres ont fui en France, aux États-Unis et dans d’autres pays, emportant leurs connaissances avec eux en exil.
La renaissance — San Kim Sean et le retour du Bokator
La renaissance du Bokator au Cambodge est principalement attribuée au grand maître San Kim Sean. Après avoir pratiqué le Bokator dans sa jeunesse, avant l’époque des Khmers rouges, San Kim Sean a survécu au génocide et est finalement retourné au Cambodge en 2001, consacrant sa vie à reconstituer et à enseigner cet art. Il a fondé la Fédération cambodgienne de Bokator et œuvré à documenter les techniques préservées, à former de nouveaux instructeurs et à faire reconnaître le Bokator comme sport et patrimoine culturel.
Le Bokator a été officiellement reconnu par le Comité olympique cambodgien en 2006. Le premier championnat national de Bokator s’est tenu à Phnom Penh, et l’art s’est depuis diffusé à l’international, avec des écoles en France, aux États-Unis, en Australie et dans toute l’Asie du Sud-Est.
Les techniques et les systèmes animaliers
Le Bokator utilise plus de 10 000 techniques organisées en systèmes inspirés des animaux — similaires dans leur concept aux styles animaliers du kung-fu chinois, mais au caractère résolument khmer. Les principaux systèmes animaliers comprennent : le Crocodile (combat au sol et saisies), la Grue (équilibre et frappes précises), le Cheval (coups de pied puissants), l’Éléphant (puissance et force), l’Aigle (attaques articulaires et saisies), le Dragon (esquive et souplesse) et le Lion (combinaisons de frappes agressives). Chaque système possède son propre programme technique, ses formes (Kbach) et ses applications au combat.
Entraînement
Entraînement au Bokator
L’entraînement au Bokator commence par les Kbach (formes), des séquences préétablies qui codifient les techniques de chaque système animal. Les pratiquants apprennent les Kbach avant d’appliquer les techniques lors d’exercices avec partenaire et de sparring. L’entraînement comprend : les frappes avec les poings, les coudes, les genoux, les tibias et les pieds ; les projections et amenées au sol ; le contrôle au sol et les soumissions ; ainsi que les armes khmères traditionnelles (bâton court, bâton long, épée).
Le krama — l’écharpe traditionnelle cambodgienne à carreaux — se porte autour de la taille pendant l’entraînement et indique le grade du pratiquant. Les couleurs vont du blanc au bleu, au vert, au rouge et au marron, jusqu’au niveau le plus élevé : le krama noir à bordure dorée, réservé aux grands maîtres.
Aankomende events
Wordt geladen...
Historische events
Wordt geladen...
Équipement et équipement crespécialisé
Guide de l’équipement du Bokator
Krama : écharpe traditionnelle cambodgienne portée autour de la taille, équivalent de la ceinture en Bokator. La couleur indique le niveau de grade.
Tenue d’entraînement : les pratiquants traditionnels du Bokator portent un sampot (pièce de tissu khmer traditionnelle nouée autour du corps) et peu de vêtements sur le haut du corps. Les écoles modernes utilisent souvent des shorts et un t-shirt ou un rashguard pour plus de praticité pendant l’entraînement.
Équipement de Sparring : casque, gants de boxe ou gants de MMA, protège-tibias, protège-dents et coquille pour l’entraînement avec contact. L’entraînement aux armes traditionnelles utilise des armes d’entraînement rembourrées ou en bois.