De la lutte au grappling moderne
Le grappling fait partie des formes les plus anciennes de combat humain. Dans presque toutes les cultures, des traditions de lutte spécifiques sont apparues, dans lesquelles les combattants cherchaient à déséquilibrer leur adversaire, à l’amener au sol et à gagner par le contrôle ou une clé. Des représentations de l’ancienne Mésopotamie et de l’Égypte montrent déjà des lutteurs dans des positions reconnaissables comme du grappling.
Dans la Grèce antique, la lutte, appelée palé, constituait une discipline sportive officielle. Le pancrace combinait également la lutte à d’autres techniques de combat. Les Romains ont repris les influences grecques et développé leurs propres formes de lutte et de combat au corps à corps.
Des traditions venues de différents continents
En dehors de l’Europe également, le grappling possède une longue histoire. En Inde, des formes traditionnelles de lutte comme le kushti ont vu le jour. En Asie de l’Est, le shuai jiao, le jiujitsu, puis le judo ont développé des systèmes fondés sur l’effet de levier, les projections, le contrôle et les soumissions. Dans l’Europe médiévale, la lutte était utilisée aussi bien dans les combats armés que non armés et décrite dans des manuels de combat historiques.
Le monde moderne du grappling s’est appuyé sur ces traditions régionales. La lutte libre, la lutte gréco-romaine, le catch wrestling, le judo, le sambo, le jiujitsu brésilien et le submission grappling ont chacun développé leurs propres priorités, règles et culture de la compétition.
L’essor du submission grappling
À partir de la fin du XXe siècle, les sportifs de différentes disciplines se sont retrouvés de plus en plus souvent face à face. L’essor du jiujitsu brésilien et du MMA a notamment mis en évidence l’importance des amenées au sol, des positions, du contrôle au sol et des soumissions. C’est ainsi que le submission grappling s’est développé comme une discipline qui n’est liée à aucun style traditionnel unique.
Le catch wrestling a exercé une influence importante grâce à son accent mis sur le contrôle et les clés. Le judo et le sambo ont apporté les projections et les transitions, tandis que la lutte a ajouté l’intensité des amenées au sol et du contrôle en position supérieure. Le jiujitsu brésilien a perfectionné l’utilisation de la garde, des positions et des soumissions depuis le sol.
La génération no-gi
Le grappling no-gi s’est imposé comme une forme de compétition reconnaissable, dans laquelle aucune veste traditionnelle n’est utilisée. Le sport exige donc de contrôler avec le corps, la position de la tête, les underhooks, les overhooks, la pression des hanches et l’intelligence du mouvement, plutôt qu’avec des saisies aux manches ou au revers. La scène moderne continue de combiner et de perfectionner les techniques issues de différents styles de grappling.