Capoeira

Capoeira

Stats

Origine
Brésil
Fondé
1500
Organisation
Fédération mondiale de capoeira

La capoeira est un art martial brésilien qui associe combat, acrobaties, danse, musique et philosophie pour former l’une des disciplines les plus spectaculaires sur le plan visuel et les plus riches culturellement au monde. Développée par des Africains réduits en esclavage au Brésil à partir du XVIe siècle, la capoeira dissimulait ses techniques de combat dans des mouvements rythmiques accompagnés de musique, permettant ainsi aux personnes réduites en esclavage de s’entraîner au combat sous les yeux de leurs ravisseurs. Aujourd’hui, la capoeira est pratiquée dans plus de 150 pays, reconnue par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité et célébrée comme l’une des plus grandes contributions culturelles du Brésil au monde.

Historique

Origines dans la résistance et la survie

La capoeira est née de l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire. Les Africains réduits en esclavage et amenés au Brésil à partir du XVIe siècle ont emporté avec eux des traditions d’arts martiaux venues de tout le continent africain, notamment d’Angola, du Congo et d’autres cultures d’Afrique de l’Ouest et centrale. En captivité, privés de leur liberté et de leurs armes, ils ont développé la capoeira comme moyen d’autodéfense, de préservation culturelle et de résistance spirituelle.

Le génie du camouflage de la capoeira fait encore débat parmi les historiens. Les mouvements fluides, semblables à ceux d’une danse, pouvaient constituer un camouflage délibéré pour l’entraînement au combat, ou la musique et le rituel ont peut-être évolué afin de créer un espace culturel sûr pour la pratique. Quoi qu’il en soit, la capoeira a survécu à des siècles de persécution — elle a été criminalisée au Brésil de 1890 à 1937 — en se transmettant secrètement de maître à élève.

Les deux grands styles

Capoeira Angola : le style traditionnel, préservé et défendu par Mestre Pastinha. L’Angola est plus lente, plus proche du sol, plus trompeuse et profondément ancrée dans les traditions spirituelles et culturelles africaines. La ginga (le mouvement de balancement constant) est plus élaborée, et la malícia (la ruse) plus prononcée. L’Angola met l’accent sur l’art complet — musique, philosophie, histoire et combat comme éléments indissociables.

Capoeira Regional : créée par Mestre Bimba dans les années 1930. La Regional est plus rapide, plus athlétique, plus directement efficace au combat et intègre des éléments d’autres arts de combat. Bimba a structuré la Regional autour d’un programme formel et d’une progression semblable à celle des ceintures (cordas), la rendant plus accessible comme système d’enseignement des arts martiaux. Aujourd’hui, la Regional est le style le plus largement pratiqué à l’international.

Capoeira Contemporânea : une synthèse moderne mêlant des éléments de l’Angola et de la Regional. C’est le style le plus courant dans les écoles internationales, combinant l’athlétisme de la Regional avec une plus grande attention portée aux racines traditionnelles de l’Angola.

Le jogo et le berimbau

La capoeira se joue (elle ne se combat pas) dans le jogo (jeu), au sein de la roda — un cercle de pratiquants qui frappent des mains, chantent et jouent des instruments. Le berimbau, un arc musical à une corde, est l’âme de la capoeira : son rythme dicte la vitesse, l’énergie et le caractère du jogo. L’atabaque (tambour) et le pandeiro (tambourin) complètent l’ensemble. Un capoeiriste qui ne sait pas jouer du berimbau est considéré comme incomplet.

Entraînement

Entraînement à la capoeira

L’entraînement à la capoeira comprend : la ginga (mouvement fondamental de balancement), les esquives et les échappées (esquivas), les coups de pied (ginga, meia-lua, armada, queixada, martelo, bênção), les projections et les balayages (rasteira, tesoura), les mouvements acrobatiques (au, macaco, salto périlleux) ainsi que les mouvements au sol (rolê, negativa). La formation musicale — berimbau, atabaque, pandeiro et chants — est partie intégrante d’une pratique sérieuse de la capoeira.

Les grades sont indiqués par des systèmes de couleurs de corda (corde), qui varient selon l’école et le style. Le titre de Mestre représente la plus haute distinction : une vie consacrée à la maîtrise, à l’enseignement et à la contribution culturelle à la capoeira.