Histoire et origine
Le nom Taekkyon apparaît dans une source écrite datant du règne du roi Jeongjo, qui régna sur Joseon de 1776 à 1800. Le Jaemulbo, également appelé Manmulbo, associait une description plus ancienne de compétitions à mains nues au Taekkyon de l’époque. Il s’agit d’une référence écrite ancienne, et non automatiquement d’une preuve que la forme moderne était déjà exactement la même à cette époque.
Pendant la période Joseon, le Taekkyon était pratiqué comme activité populaire, discipline de compétition et art martial. Il était présent lors des fêtes et festivals villageois, aux côtés du ssireum, la lutte coréenne. Pendant le Dano, des compétitions telles que le Gyeollyeon-Taekkyon pouvaient comprendre plusieurs rounds et opposants.
D’anciennes représentations, notamment des figures provenant de complexes funéraires coréens, sont parfois associées au Taekkyon. L’identification de ces postures reste sujette à interprétation historique. Le Taekkyon ne doit donc pas être présenté sans réserve comme étant directement attesté depuis le royaume de Goguryeo.
Déclin et occupation japonaise
À la fin de la période Joseon, sa popularité déclina. Les élites méprisaient souvent les activités populaires et martiales, tandis que les systèmes militaires et sportifs modernes attirèrent par la suite davantage d’attention. Pendant l’occupation japonaise de la Corée, de 1910 à 1945, les rassemblements et les pratiques culturelles autochtones furent réprimés. Le Taekkyon faillit ainsi disparaître.
L’anthropologue Stewart Culin décrivit le Taekkyon à l’intention du public occidental dans Korean Games, publié en 1895. Dans Haedong Jukji, en 1921, Choe Yeong-nyeon le qualifia notamment de « technique de la jambe volante ». Ces sources montrent que le nom et la pratique avaient déjà été remarqués en dehors de la Corée avant la renaissance moderne.