Kempo

Kempo

  • Un art martial axé sur les frappes, mêlant des influences japonaises, chinoises et hawaïennes, connu pour ses attaques en combinaisons rapides et pour le système de Kenpo américain popularisé par Ed Parker.

Stats

Origine
États-Unis
Fondé
1949

Le kempo (également orthographié kenpo) est un terme générique qui englobe une famille d’arts martiaux mêlant les traditions japonaises et chinoises du combat, en combinant les techniques de frappe du karaté et du kung-fu chinois avec les clés articulaires, les projections et les techniques au sol du judo et du ju-jitsu. Le mot lui-même signifie simplement « loi du poing » ou « loi du poing fermé » en japonais (du chinois quan fa), ce qui reflète ses origines en tant que transmission des arts martiaux chinois au Japon. Contrairement au karaté ou au judo, le kempo n’est pas un système unifié, mais une famille de styles apparentés qui partagent des principes communs, ce qui en fait l’une des traditions d’arts martiaux les plus diverses et les plus adaptables, notamment dans ses formes américaines développées à Hawaï et sur le continent des États-Unis.

Historique

Origines chinoises, transmission japonaise

La lignée du kempo remonte à la transmission des arts martiaux chinois (quan fa) au Japon, principalement par l’intermédiaire des îles Ryūkyū (Okinawa) et grâce aux contacts directs entre les moines bouddhistes japonais et leurs homologues chinois. Selon la légende, le moine Bodhidharma (Daruma en japonais) aurait apporté des méthodes de combat de l’Inde au temple Shaolin, en Chine — et certaines versions de ces méthodes auraient finalement influencé les arts martiaux japonais. La réalité historique est plus complexe et moins linéaire, mais la transmission sino-japonaise est bien réelle.

Au Japon, le kempo s’est développé selon plusieurs lignées distinctes. Le kempo Kosho-ryu, dont les origines remonteraient au XVIe siècle, est l’un des systèmes les plus anciens qui soient documentés. Le Shorinji Kempo — fondé par Doshin So en 1947 — est un système japonais moderne devenu extrêmement populaire dans le Japon d’après-guerre. Il associe frappes, clés articulaires et une forte dimension philosophique et spirituelle inspirée des traditions chinoises de Shaolin.

Le kempo américain — Hawaï et Ed Parker

Le développement du kempo qui a eu le plus d’influence à l’échelle mondiale s’est produit à Hawaï et en Californie grâce au travail de James Mitose, William Chow et, surtout, Ed Parker. Dans les années 1940, Mitose a introduit le kempo Kosho-ryu à Hawaï depuis le Japon ; son élève William Chow en a développé une version plus pragmatique et adaptée à la rue, intégrant des influences du kung-fu chinois. Ed Parker — élève de Chow — s’est installé sur le continent américain et a fondé l’American Kenpo Karate, devenu le système de kempo occidental dominant.

L’American Kenpo d’Ed Parker se distingue par son approche systématique et logique de l’autodéfense : les techniques sont organisées par catégories d’attaques (saisies, poussées, frappes, coups de pied), avec des réponses prédéfinies conçues pour être efficaces dans la rue. Parker a fondé l’International Kenpo Karate Association (IKKA) et le tournoi Long Beach Internationals, l’une des compétitions d’arts martiaux les plus influentes de l’histoire américaine. Elvis Presley comptait parmi ses élèves.

Kempo et karaté — principales différences

Bien que le kempo et le karaté aient des racines communes à Okinawa et puissent sembler similaires aux yeux des observateurs non initiés, ils présentent des différences importantes. Le kempo intègre généralement davantage de combinaisons de frappes à la main (influencées par les frappes circulaires chinoises), davantage de clés articulaires et de techniques de mise au sol, ainsi qu’un accent plus marqué sur les situations d’autodéfense que sur la compétition sportive. Les styles traditionnels de karaté japonais privilégient généralement des techniques plus nettes et linéaires, et possèdent une culture plus développée de la compétition sportive sous l’égide de la WKF. Le kempo américain, en particulier, tend à être plus éclectique et pragmatique.

Entraînement

Entraînement au Kempo

L’entraînement au Kempo varie considérablement selon le système, mais couvre généralement : des combinaisons de frappes (coups de poing, coups de tranchant de la main, coups de coude, coups de marteau — souvent en enchaînements plus longs qu’au karaté), des coups de pied (coup de pied frontal, latéral, circulaire, retourné), des clés articulaires et des amenées au sol debout, des katas (formes — d’influence japonaise et chinoise) ainsi que des scénarios d’autodéfense (réponses prédéfinies aux saisies, aux prises et aux attaques).

Les systèmes de Kenpo américain utilisent notamment un vaste catalogue de techniques d’autodéfense : le système d’Ed Parker comprend 154 techniques nommées, organisées par catégorie d’attaque, chacune avec des extensions et des enchaînements de suivi. Cette approche systématique fait du Kenpo américain l’un des systèmes d’autodéfense les mieux documentés au monde.