Un coup de poing du droit qui fait soudain basculer un combat. Un coup de pied haut qui fait se lever toute la salle. La tension qui s’empare d’un adversaire dès que Badr Hari avance vers lui. Sa carrière a offert des moments qui restent gravés dans la mémoire des fans de Kick-boxing, même des années plus tard. Cet attrait est né d’un combattant aux capacités offensives exceptionnelles, puis s’est renforcé au fil des adversaires, des entraîneurs et des scènes qu’il a rencontrés.
Le parcours de Hari va des salles de sport d’Amsterdam aux tournois K-1 au Japon, en passant par l’Amsterdam ArenA et le GelreDome. Il est devenu champion K-1 Heavyweight, a remporté le titre des poids lourds d’It’s Showtime et a atteint deux finales du K-1 World Grand Prix classique. Plus tard, sa rivalité avec Rico Verhoeven a fait connaître le Kick-boxing à un public encore plus large. Derrière ces moments forts bien connus se trouvent différentes périodes d’entraînement, des revanches et des combats aux issues très diverses.
Ses rivalités avec Stefan Leko, Ruslan Karaev, Sem Schilt et Alistair Overeem montrent différentes facettes de son évolution. Thom Harinck, Mike Passenier et, plus tard, Saïd El Badaoui font partie de l’histoire de sa préparation pour ces combats. Ensemble, ils dessinent les grandes lignes de sa carrière : les premières leçons, la percée internationale et la manière dont Hari a exploité ses capacités offensives sur différentes scènes.
1. Une carrière qui relie différents univers du Kick-boxing
Badr Hari appartient à la génération qui a vécu la transition entre le K-1 classique et les grandes scènes européennes de Kick-boxing apparues ensuite. La salle d’entraînement d’Amsterdam lui a donné ses bases, le Japon lui a offert une scène internationale et les galas néerlandais l’ont opposé à des champions que le public connaissait depuis des années. Sa carrière permet ainsi de découvrir une période plus vaste de l’histoire des poids lourds.
Ses principaux titres méritent d’être nommés précisément. En 2007, Hari a remporté la ceinture K-1 Heavyweight. En 2009, il a ajouté à son palmarès le titre des poids lourds d’It’s Showtime. Le K-1 World Grand Prix classique était une autre compétition : un tournoi final où le vainqueur devait battre plusieurs adversaires en une seule soirée. Hari en a atteint la finale en 2008 et en 2009. Cette distinction permet de mieux comprendre ses succès et sa place parmi les grands vainqueurs de tournois.
Pour Hari, une défaite marquait souvent le début d’une nouvelle confrontation. Leko, Graham, Karaev et Overeem ont remporté leur premier combat contre lui, avant qu’il ne parvienne à les battre par la suite. Face à Schilt, le scénario inverse s’est produit en 2009 : après la rapide victoire de Hari pour le titre à Amsterdam, Schilt a pris sa revanche en finale du Grand Prix.
2. Les débuts à Amsterdam et les premières années d’entraînement
Hari est né le 8 décembre 1984 à Amsterdam. Ses parents étaient originaires du Maroc. Selon sa biographie publiée par GLORY, il a commencé le Kick-boxing à l’âge de sept ans. Ces premiers cours étaient encore bien loin des grands combats de poids lourds qui le rendraient célèbre par la suite : apprendre la technique, revenir s’entraîner et acquérir de l’expérience ont constitué ses premiers pas.
Ses premières années d’entraînement ont été liées à Mousid Akamrane et à Mohammed Aït Hassou. Il a ensuite rejoint Thom Harinck à l’école Chakuriki d’Amsterdam. Auprès de différents entraîneurs, il a acquis les bases techniques qui lui ont permis d’accéder, jeune poids lourd, à la scène internationale.
Ce parcours amstellodamois s’inscrit dans la manière dont le Kick-boxing néerlandais s’est développé. Le savoir se transmettait dans les salles de sport, les athlètes s’exerçaient avec différents partenaires et les compétitions montraient ce qui fonctionnait déjà et ce qui devait encore être amélioré. Hari a grandi au sein de cette culture d’entraînement, à laquelle il a ensuite donné sa propre empreinte, facilement reconnaissable.
3. Chakuriki et la période auprès de Thom Harinck
Thom Harinck est l’un des grands noms de l’histoire du Kick-boxing néerlandais. Son école Chakuriki réunissait différentes influences des sports de combat et était associée à des poids lourds internationaux. Pour un jeune combattant, s’entraîner dans un tel environnement signifiait aussi découvrir l’expérience et les exigences d’une école de compétition reconnue.
Chez Chakuriki, Hari s’entraînait dans un environnement riche d’expérience en compétition internationale. Harinck avait déjà travaillé avec de solides poids lourds et connaissait le chemin des grandes compétitions à l’étranger. Hari découvrait ainsi une génération plus ancienne du Kick-boxing néerlandais, alors qu’il n’en était lui-même qu’au début de sa carrière internationale.
L’association d’une école reconnue et d’un jeune combattant porté sur l’attaque rendait cette période intéressante. Hari avait l’allonge et l’explosivité nécessaires pour menacer immédiatement ses adversaires. Dans les années qui suivirent, ce sont surtout les transitions entre ses coups de poing et ses coups de pied qui allaient devenir de plus en plus caractéristiques de son style.
4. Mike Passenier et le travail derrière la percée
Une grande partie des années les plus marquantes de la carrière de Hari est liée à Mike Passenier et à Mike’s Gym. Leur collaboration est devenue un élément emblématique de son image : l’attaquant sur le ring et l’entraîneur qui le guidait depuis son coin. Pour de nombreux spectateurs, ces deux noms évoquent la même période du Kick-boxing international chez les poids lourds.
Un entraîneur fait plus qu’encourager un combattant le jour du combat. La préparation passe par la répétition, le perfectionnement des techniques, le choix des enchaînements et l’adaptation d’une stratégie à l’adversaire. Pour un athlète doté d’une grande puissance offensive, la question est surtout de savoir comment exploiter cette force au bon moment et depuis une position favorable.
Mike’s Gym resta longtemps associé à son nom. Passenier fut dans son coin pendant une grande partie de la période K-1 et lors de grands affrontements ultérieurs. En 2021, Hari choisit de rejoindre Saïd El Badaoui au SB Gym, changeant ainsi d’environnement d’entraînement après une longue collaboration devenue, pour de nombreux fans, une constante de sa carrière.
5. La signature technique : allonge, enchaînements et accélération
Hari pouvait menacer aussi bien le corps que la tête avec ses coups de poing et prolonger soudainement une attaque par un coup de pied. Sa taille et son allonge lui offraient des possibilités à distance. De plus près, un uppercut ou une courte série de coups pouvait changer la physionomie d’un combat. La menace venait donc de plusieurs directions, et non d’une seule technique favorite.
L’une de ses qualités distinctives était sa capacité à exploiter rapidement une ouverture. Un adversaire qui réagissait aux coups de poing devait aussi se méfier d’un coup de pied haut. Celui qui ne protégeait que sa tête pouvait laisser son corps exposé. Cette variation des cibles rendait ses attaques dangereuses et donnait à ses enchaînements un rythme bien à eux.
Son approche reposait pourtant aussi sur la patience et le sens du timing. Lors de son premier affrontement avec Rico Verhoeven en 2016, Hari commença avec prudence et méthode. Il attendait les bonnes occasions avant d’accélérer soudainement. C’est précisément cette alternance entre une gestion calme de la distance et des attaques incisives qui le rendait dangereux.
6. Stefan Leko : la revanche qui marqua une percée
Les deux affrontements avec Stefan Leko en 2005 firent connaître Hari à de nombreux spectateurs internationaux. Il perdit le premier combat : Leko le toucha au corps avec un coup de pied tournoyant. Le jeune attaquant se retrouva ainsi d’emblée face à un adversaire expérimenté, doté lui aussi d’une arme redoutable et caractéristique.
En novembre, ils se retrouvèrent lors d’un événement K-1 au Japon. Cette fois, Hari l’emporta au deuxième round grâce à un coup de pied haut tournoyant. Le contraste entre ces deux résultats rendit leur rivalité mémorable. La technique qui conclut la revanche resta l’une des images marquantes de ses débuts.
Ces deux combats donnèrent aussitôt à ses débuts une rivalité marquante. D’abord surpris par un coup de pied tournoyant, il remporta ensuite la revanche grâce à une spectaculaire variante haute. Son nom fut ainsi associé à une attaque qui impressionna aussi le public au-delà des habitués du kickboxing.
7. Peter Graham et l’importance d’une revanche
Peter Graham représentait un tout autre défi en 2006. Le poids lourd australien remporta leur affrontement à Auckland grâce à sa célèbre attaque tournoyante, souvent appelée Rolling Thunder. Pour Hari, ce fut un coup d’arrêt brutal à l’ascension que sa victoire sur Leko avait mise en lumière.
En août 2007, ils se sont retrouvés à Hong Kong. Cette fois, Hari s’est imposé aux points. Face à un adversaire qui l’avait surpris auparavant, il a tenu jusqu’au bout du combat et obtenu la décision. Parmi ses nombreux KO, cette victoire a aussi montré sa capacité à disputer un combat plus long.
Graham est aussi resté un adversaire récurrent. En 2014, ils se sont de nouveau affrontés, cette fois en finale d’un tournoi à quatre à Dubaï. Leur rivalité a donc commencé pendant les premières années de Hari au K-1 et s’est prolongée jusqu’à une période ultérieure, où d’autres organisateurs montaient eux aussi de grands combats de poids lourds.
8. Ruslan Karaev : explosivité contre explosivité
Les affrontements avec Ruslan Karaev font partie des épisodes marquants de la carrière de Hari au K-1. Karaev avait remporté leur combat en 2006. Le combat revanche a eu lieu en mars 2007 à Yokohama, où Hari s’est imposé par KO au deuxième round. Une défaite antérieure a ainsi été suivie d’un nouveau combat à l’issue différente.
Face à Karaev, il avait affaire à un adversaire capable d’attaquer vite et de devenir dangereux en un instant. Lors de leurs rencontres, l’initiative pouvait changer de camp soudainement. Pour Hari, la victoire de 2007 a été un nouveau succès important dans un combat revanche, peu avant qu’il ne remporte sa première ceinture de champion du K-1.
En décembre 2009, Karaev a de nouveau affronté Hari, cette fois en quart de finale du World Grand Prix. Hari a remporté le combat au premier round, franchissant ainsi la première étape vers une deuxième finale consécutive du Grand Prix. Cette rivalité relie ses années de révélation à la période où il faisait partie de l’élite internationale.
9. Hawaï 2007 : la ceinture des poids lourds du K-1
Le 28 avril 2007, Hari a affronté Yusuke Fujimoto à Hawaï pour le titre des poids lourds du K-1, nouvellement créé. Il a gagné au premier round et est ainsi devenu le premier détenteur de cette ceinture. C’était un véritable titre de champion au sein de l’organisation et une étape importante dans son ascension parmi les poids lourds internationaux.
Cette ceinture des poids lourds et le World Grand Prix classique occupaient chacun une place distincte au sein du K-1. La ceinture se disputait lors d’un combat de championnat à part. Le jour de la finale du Grand Prix, les participants encore en lice devaient gagner plusieurs combats en une seule soirée. Hari était donc déjà champion en 2007, alors que ses deux grandes finales de tournoi étaient encore à venir.
En 2008, Hari a défendu le titre des poids lourds contre Glaube Feitosa. Cette victoire s’inscrit dans une solide série de combats face à d’autres grands noms. Les finales les plus connues sont donc arrivées après une période durant laquelle il avait déjà montré, à plusieurs reprises, qu’il pouvait gagner au plus haut niveau.
10. Peter Aerts et la montée vers la finale de 2008
Peter Aerts représentait une génération antérieure de succès en K-1. Triple vainqueur du World Grand Prix classique, il faisait partie de ceux qui avaient donné un visage au kickboxing international chez les poids lourds. L’affronter lors de la journée des finales signifiait pour Hari se mesurer directement à un combattant d’une expérience exceptionnelle en tournoi.
En quart de finale en 2008, Hari s’est imposé par KO technique au deuxième round. Il a ensuite battu Errol Zimmerman en demi-finale. Il atteignait ainsi pour la première fois la finale du World Grand Prix. Ce même soir, il avait montré à la fois sa capacité à battre un champion confirmé et sa place au sein d’une nouvelle génération de poids lourds.
Avec deux victoires le même soir, Hari se retrouvait pour la première fois en finale du tournoi. Sa victoire contre Aerts, en particulier, confirmait sa percée parmi les grands noms des poids lourds. Le jeune challenger qui, quelques années plus tôt, devait encore se faire un nom venait de battre l’un des champions du K-1 les plus expérimentés.
11. Remy Bonjasky et la finale qui s’est terminée par une disqualification
Remy Bonjasky apportait son propre style et une grande expérience des tournois. Sa défense, son sens du timing et ses attaques explosives posaient un problème différent de ceux que présentaient les qualités d’Aerts ou de Zimmerman. En finale de 2008, deux combattants capables chacun à leur manière de faire basculer rapidement un combat se faisaient face.
La finale s’est terminée par la disqualification de Hari après qu’il a frappé Bonjasky alors que celui-ci était au sol. Bonjasky a remporté le World Grand Prix. Malgré deux victoires, le grand prix a ainsi échappé à Hari.
C’est ainsi que s’est achevée pour Hari une soirée durant laquelle il avait d’abord battu Aerts et Zimmerman. Ce parcours jusqu’à la finale avait montré ce dont il était capable au plus haut niveau. Bonjasky a quitté Yokohama en champion, tandis que Hari s’est à nouveau lancé, l’année suivante, dans un parcours vers la finale du tournoi.
12. La grande arène et la pression d’une journée de tournoi
La journée de la finale du K-1 classique avait un déroulement particulier. Un combattant commençait par un quart de finale et, en cas de victoire, devait remonter sur le ring. Chaque combat influençait ainsi le suivant : le temps passé sur le ring, les efforts fournis et la récupération entre les combats faisaient tous partie du défi du tournoi.
Pour un poids lourd, atteindre la finale signifiait affronter trois adversaires différents le même soir. En 2008, Aerts et Zimmerman exigeaient chacun une approche particulière, avant que Bonjasky ne l’attende en finale. Une victoire rapide pouvait économiser de l’énergie, mais même après un combat éprouvant, le vainqueur devait se préparer à nouveau.
Cette formule donnait au K-1 son suspense particulier. Le public suivait le parcours des quarts de finale jusqu’à la finale le même soir, avec des champions, des surprises et des rivalités. Hari a atteint la finale deux fois, en 2008 et 2009, au cœur d’une période faste pour le kickboxing international chez les poids lourds.
13. Sem Schilt à Amsterdam : un titre en 45 secondes
En mai 2009, Hari a affronté Sem Schilt à Amsterdam pour le titre It’s Showtime des poids lourds. Schilt était déjà l’un des grands noms de la génération K-1. Sa taille, son allonge et sa capacité à contrôler la distance l’avaient rendu particulièrement redoutable.
Hari a remporté le combat en 45 secondes. Cette victoire rapide est devenue l’une des performances majeures de sa carrière. Elle a montré à quel point son attaque directe pouvait être dangereuse, même face à un champion au palmarès exceptionnel, lorsqu’il trouvait immédiatement des ouvertures et laissait peu de temps à son adversaire pour imposer son propre rythme.
Cette victoire a valu à Hari le titre It’s Showtime des poids lourds et est devenue l’un de ses succès les plus connus. Il avait battu un champion que sa maîtrise de la distance rendait particulièrement difficile à atteindre pour de nombreux adversaires. Plus tard cette année-là, Schilt l’attendait de nouveau, cette fois en finale du Grand Prix au Japon.
14. Alistair Overeem et une rivalité à travers les époques
Alistair Overeem et Hari se sont affrontés fin 2008 selon les règles du K-1. Overeem a gagné dès le premier round. Une rivalité est ainsi née entre deux poids lourds dont les parcours sportifs différents suscitaient aussi un grand intérêt. Ils se sont retrouvés dès l’année suivante.
En demi-finale du World Grand Prix de 2009, Hari a battu Overeem, là encore dès le premier round. Pour Hari, cette victoire signifiait non seulement une revanche réussie, mais aussi une place dans sa deuxième finale consécutive du Grand Prix. Ces victoires de part et d’autre expliquent pourquoi leurs noms sont restés associés par la suite.
En 2022, ils se sont de nouveau affrontés chez GLORY. À la suite d’une modification ultérieure du résultat, ce troisième combat est inscrit comme « no contest ». Leur rivalité relie ainsi trois journées de compétition distinctes sur près de quatorze ans. Les deux premières rencontres appartiennent aux années classiques du K-1, la troisième au chapitre plus récent de GLORY.
15. Le World Grand Prix de 2009 : de nouveau jusqu’au dernier combat
Hari a atteint la finale de 2009 après avoir battu Karaev et Overeem. Son dernier adversaire était de nouveau Sem Schilt, qu’il avait battu si rapidement à Amsterdam plus tôt dans l’année. La journée finale avait ainsi une histoire facile à suivre : deux poids lourds au palmarès impressionnant se retrouvaient avec un autre grand titre en jeu.
Cette fois, Schilt a remporté la finale dès le premier round. Il a ainsi décroché le K-1 World Grand Prix. Pour Hari, un beau parcours dans le tournoi s’est de nouveau arrêté juste avant la victoire finale. Le contraste avec Amsterdam rend la comparaison entre les deux rencontres particulièrement intéressante.
Cette année-là, les deux mêmes poids lourds se sont donc affrontés à deux reprises, avec des résultats très différents. À Amsterdam, Hari a remporté la ceinture It’s Showtime ; au Japon, Schilt a remporté le tournoi final du K-1. Pour Hari, le titre et ses deux victoires lors de la journée finale sont restés des performances importantes, malgré sa défaite dans le dernier combat.
16. Hesdy Gerges et les années It’s Showtime qui ont suivi
En 2010, Hari a d’abord défendu son titre It’s Showtime contre Mourad Bouzidi. Plus tard cette année-là, il a affronté à Amsterdam Hesdy Gerges, un autre poids lourd issu du milieu des salles d’entraînement néerlandaises. Gerges a ainsi ajouté un autre nom bien connu à l’histoire de ce titre.
La rencontre avec Gerges s’est terminée par la disqualification de Hari après qu’il a frappé son adversaire au sol. Gerges est ainsi devenu le nouveau champion It’s Showtime. Hari a perdu la ceinture qu’il avait remportée un an plus tôt face à Schilt.
En 2018, Hari et Gerges se sont de nouveau affrontés, cette fois à GLORY. À la suite d’une modification ultérieure du résultat, ce combat a été enregistré comme no contest. Leurs rencontres étaient ainsi séparées de huit ans, période durant laquelle Hari était passé de It’s Showtime à GLORY.
17. De nouveaux adversaires et des noms connus hors de la période classique du K-1
Même après les grandes années du Grand Prix, Hari a continué d’affronter des poids lourds de premier plan. Sa victoire sur Gökhan Saki à Leeuwarden en janvier 2012 compte parmi les performances marquantes de cette période. C’était encore un combat où son attaque a fait la différence en peu de temps.
Ses rencontres avec Zabit Samedov offrent un autre aperçu de ces années. Hari l’a affronté dans différentes organisations, avec des résultats variables. Sa carrière ne se résumait pas à la journée annuelle des finales du K-1 : elle était aussi faite de galas indépendants et de rivalités qui se prolongeaient sur plusieurs saisons.
En 2014, Hari a remporté à Dubaï un tournoi à quatre combattants. Il a battu Leko en demi-finale et Graham en finale, deux adversaires qui avaient déjà joué un rôle dans sa percée internationale. Même en dehors des tournois classiques du K-1, ces noms bien connus continuaient donc de se croiser.
18. GLORY et la première rencontre avec Rico Verhoeven
Le 10 décembre 2016, Hari et Rico Verhoeven se sont affrontés à Oberhausen. La rencontre a suscité un vif intérêt et a été baptisée COLLISION. Verhoeven était alors le champion en titre des poids lourds de GLORY ; Hari arrivait avec la réputation acquise pendant ses années au K-1 et à It’s Showtime.
Selon le compte rendu officiel, il s’agissait d’un superfight en trois rounds, sans titre mondial en jeu. Hari a commencé prudemment et a touché Verhoeven au premier round. Au deuxième round, il s’est blessé au bras et n’a pas pu continuer. Verhoeven a gagné par knock-out technique.
Le premier COLLISION a réuni un champion établi et l’un des attaquants les plus connus de l’ère K-1. Ce bref combat a laissé une grande partie du public sur sa faim. Après le combat, les deux combattants ont évoqué un match revanche, qui a effectivement eu lieu en 2019, avec le titre mondial en jeu.
19. Le GelreDome en 2019 : deux knockdowns et une fin inattendue
Le 21 décembre 2019, le match revanche a eu lieu à Arnhem. Cette fois, le titre des poids lourds de GLORY était en jeu. Hari a envoyé Verhoeven au tapis avec un coup de poing droit au premier round. Un deuxième knockdown a suivi au troisième round, cette fois sur un coup de pied haut.
Ces moments ont montré sa capacité à trouver des ouvertures même face à un champion expérimenté. Le compte rendu officiel de GLORY souligne ses angles d’attaque et la puissance avec laquelle il exploitait les ouvertures trouvées. Le combat a ainsi suscité une tension bien au-delà des attentes qui le précédaient.
Peu après, Hari n’a pas pu poursuivre le combat à la suite d’un coup de pied retourné et d’une blessure à la jambe. Verhoeven a conservé son titre par KO technique. Après les deux mises au tapis et les puissantes attaques de Hari, ce combat pour le titre s’est ainsi achevé brusquement.
20. D’autres choix d’entraînement et une nouvelle génération à GLORY
Dans les années qui ont suivi le match revanche, Hari a notamment affronté Benjamin Adegbuyi et Arkadiusz Wrzosek. Ils apportaient d’autres qualités et posaient de nouveaux défis en combat. La suite de son parcours à GLORY a ainsi pris une tournure propre, avec de nouveaux adversaires en plus de la rivalité qui attirait le plus l’attention du public.
En 2021, le passage de Hari chez Saïd El Badaoui, au SB Gym, a été annoncé. Cela marquait un changement d’environnement d’entraînement après sa longue collaboration avec Mike Passenier. Même à ce stade avancé de sa carrière, Hari continuait à faire de nouveaux choix pour sa préparation et son encadrement.
Face à Adegbuyi et à Wrzosek, Hari a dû s’incliner. Le match revanche contre Wrzosek en 2022 s’est terminé sans décision. Une nouvelle génération de poids lourds s’imposait, tandis que Hari continuait à chercher une nouvelle grande victoire.
21. Le Maroc, les combats de 2023 et ses propos de 2026
Les origines marocaines de Hari occupaient une place visible dans son identité sportive. Bien qu’il soit né à Amsterdam et ait évolué dans la culture des salles de sport néerlandaises, il représentait le Maroc. Dans sa biographie publiée par GLORY, il évoque son attachement au pays et l’importance du soutien qu’il y a reçu.
En septembre 2023, Hari s’est retiré du combat prévu contre James McSweeney à GLORY 88, par solidarité avec les victimes du tremblement de terre au Maroc. Un mois plus tard, il a affronté Uku Jürjendal à GLORY 89, en Bulgarie. Jürjendal l’a emporté au deuxième round par KO technique.
Le 8 février 2026, Sportnieuws.nl a rapporté un message Instagram dans lequel Hari se disait désormais inactif, tout en affirmant son amour durable pour ce sport. Il avait assisté à GLORY 105 et remerciait son entourage. Le message ne contenait aucune annonce officielle de fin de carrière. Son attachement au Kick-boxing restait évident.
22. Le pouvoir d’attraction d’une figure reconnaissable des poids lourds
L’influence de Hari ne se mesure pas uniquement à ses victoires pour un titre. Ses combats suscitaient des attentes : l’idée qu’une seule attaque pouvait changer le cours du combat, le souvenir d’une ancienne rivalité et la tension d’un affrontement avec un champion. Cette combinaison donnait à son nom un grand pouvoir d’attraction auprès du public.
Sa carrière relie en outre différents publics. Pour les fans du K-1, il fait partie de la grande époque des tournois japonais. Pour de nombreux spectateurs néerlandais, ce sont surtout ses affrontements avec Verhoeven qui constituent un point de repère important. Son identité et ses origines marocaines montrent aussi la portée internationale de cet intérêt.
Pour beaucoup de fans, ce sont précisément ces affrontements qui restent gravés dans les mémoires : le coup de pied haut contre Leko, la victoire rapide sur Schilt et les mises au tapis contre Verhoeven. Avec ses ceintures de champion et ses finales du Grand Prix, ils expliquent pourquoi son nom a pris une place durable parmi les poids lourds les plus connus.
23. D’une carrière à votre propre salle d’entraînement
Si vous pratiquez vous-même le kickboxing, vous reconnaîtrez dans les combats de Hari des techniques que l’on retrouve aussi à l’entraînement : alterner les attaques au corps et à la tête, préparer un coup de pied avec des coups de poing et garder la bonne distance. En cours, vous construisez ces enchaînements étape par étape, d’abord calmement, puis avec plus de rythme et de mouvement.
L’entraînement au sac et aux pads permet de travailler les enchaînements et la précision des impacts. Le travail contrôlé avec un partenaire y ajoute plus directement la gestion de la distance, la réaction et la défense. Des gants de boxe thaï adaptés et des bandes de boxe soutiennent le travail des coups de poing. Des Protège-tibias, un protège-dents et une tenue d’entraînement conviennent aux différentes formes d’entraînement avec un partenaire et aux déplacements.
Un bon partenaire qui tient les cibles vous aide à réagir avec précision. Sur les pads, vous travaillez les enchaînements de coups de poing, tandis que les paos thaï et les grands boucliers de frappe permettent de travailler des coups de pied puissants et des combinaisons de coups de poing et de pied. En déplaçant les cibles et en variant le rythme, vous entraînez non seulement l’attaque, mais aussi vos déplacements et votre retour en garde.
24. La place de Badr Hari dans l’histoire du kickboxing
Badr Hari a marqué le kickboxing international des poids lourds par un style offensif immédiatement reconnaissable. Le titre K-1 des poids lourds, la ceinture It’s Showtime, deux finales du Grand Prix et des victoires face à de grands noms constituent des jalons sportifs marquants. Sa puissance offensive, son allonge et sa capacité à exploiter les ouvertures ont rendu nombre de ses combats particulièrement captivants.
Mais son histoire ne se résume pas à ses meilleurs moments. Ses premiers entraîneurs, sa période avec Harinck, sa longue collaboration avec Passenier et ses choix d’entraînement ultérieurs en forment la toile de fond. Ses rivalités avec Leko, Graham, Karaev, Schilt, Overeem, Gerges et Verhoeven montrent différentes facettes d’une même carrière. Les défaites, les blessures et les disqualifications sportives font aussi partie du tableau.
Depuis une salle de sport d’Amsterdam, Hari a touché un public international. Il a remporté de grands titres, battu des adversaires redoutables et est resté pendant des années un nom que les fans de kickboxing attendaient avec impatience. Sa carrière relie les grandes années du K-1 à l’ère GLORY qui a suivi, avec un style offensif resté reconnaissable à ces deux époques.






















